Interview des 2 Co-Présidents du RCC: Jean LATASTE et Éric PAZDYKA
En ce début d’année 2019, l’ARIÉ….JOIE après avoir présenté les 2 entraîneurs des Séniors et la préparatrice physique du Rugby Club Cestadais, a souhaité vous faire mieux connaître les deux Co-Présidents qui fêteront cette année le 40éme Anniversaire du Club.

1- Jean et Éric, qui êtes-vous et d’où venez-vous ?

Jean : je suis né à Captieux le jour de la fête au village en juillet 1954 au lieu-dit " Surprise " où je vais régulièrement pour rendre visite à mon père, à mes amis d’enfance et pour travailler et chasser dans notre palombière. Catherine et moi sommes mariés et vivons à Cestas.
J’ai vécu pratiquement toutes mes années de rugby à Captieux et sa région : école de rugby de Captieux, deux années minimes – 14 à Bazas, deux années scolaires -16 et -17 à Langon. Toutes mes années junior/sénior à Captieux pour monter de 1ère série à la fédérale 3 en 7 ans, une saison en fédérale 3 qui sera ma dernière en championnat.
Le rugby corporatif m’a consolé jusqu’à mes 40 ans. En effet grâce à ce sport j’ai pu intégrer en 1983 une grande entreprise qui s’appelait Thomson CSF et qui est devenue Thales par la suite. Je suis maintenant heureux retraité.
Le rugby m’aura permis de vaincre ma timidité, de faire valoir en entreprise mes compétences en comportement en groupe, en management et en détermination, "Je dis, je fais".
Ce sport est porteur de valeurs humaines. Mais l’entreprise est très formatrice, j’y ai acquis des compétences en management humain, en management d’affaires, facilitant la gestion d’un club de rugby par exemple !
J’ai donné à l’entreprise ce que le rugby m’avait apporté, je rends dans certaines mesures au rugby ce que l’entreprise m’a apporté.

Éric : je suis né Bègles en 1965 mais j’ai vécu dans la commune voisine de Talence jusqu’en 1997 année de mon arrivée à Cestas.
Je suis directeur d’une agence de location d’engins de travaux publics à Mérignac. Depuis 25 ans cette société était le leader de la location en Gironde sous le nom de AQUILOC, mais depuis 3 ans l’entreprise a été rachetée par le géant KILOUTOU. Depuis le 2 janvier l’entreprise se nomme donc KILOUTOU TP. Pour moi une nouvelle aventure commence.
J’ai commencé à jouer au rugby au club de l’U.S.Talence, club qui malheureusement n’existe plus. Je jouais au poste de n°8. J’ai également joué pendant 3 ans avec l’équipe UNSS du lycée Victor Louis. Parti travailler à Pau pendant 3 ans, j’ai intégré l’équipe de Pont Long puis j’ai terminé de jouer avec les vieux crampons de St MEDARD en JALLE.

2- Comment êtes-vous arrivés au club de Cestas ?

Éric : je suis arrivé au club en 1998 en inscrivant mon fils aîné Nicolas à l’école de rugby. Il est aujourd’hui le plus jeune licencié du club puisqu’à l’époque il n’avait pas 5 ans.
Le responsable de l’école de rugby de cette période était Louis HOURDEBAIGT, un grand Monsieur qui a suivi nos jeunes et s’en est occupé comme de ses enfants. Ce Monsieur est cher au cœur de cette génération 1994 et ils en parlent souvent.
En ce qui me concerne, c’est un certain Thierry BONNEFOND et un certain Bruno DUBREUILH qui m’ont donné envie de continuer dans ce club. C’est nos silences qui nous ont liés, car je suis plutôt taiseux et eux aussi. Nous avons appris à nous connaître en s’observant, pour finalement lier une vraie amitié qui dure depuis 20 ans. C’est je pense le goût de la compétition et de la victoire qui nous a rapprochés. Ce sport nous fait faire de belles rencontres.

Jean : d’abord parce que j’habite CESTAS, ensuite, après être passé par le foot, le ping-pong, le judo, mon fils Anthony, a choisi (enfin) le rugby, qu’il n’a plus quitté. Je l’ai suivi, conseillé, (balle en main parfois) jusqu’en séniors. 
Puis un jour j’ai accepté de boire une bière au comptoir du club house. Le match du jour était Cestas–Captieux !! (Cestas avait gagné), Jean François GOITY a pu remarquer que je parlais français avec l’accent du sud, mais que je parlais bien rugby. Son talent de persuasion n’a pas fonctionné au premier coup. Je me suis laissé aller après 1 an de contacts et poussé par les conseils de Catherine.
Je suis entré au club en 2011 sous le titre de manager séniors que je ne maitrisais pas, car le rugby avait changé. Merci à Thierry BONNEFOND d’avoir remis des jeunes cestadais issus de notre école de rugby sur le terrain, en 2éme série en 2013. Deux équipes qui jouaient un jeu de passes ambitieux, relançaient à tout va, et ne voulaient gagner que pour la couleur du maillot. C’est ce qui se rapprochait le plus, fête incluse, du rugby de village que j’avais connu. Cela m’a permis de me reconstruire et je me suis dépassé. Me voilà président !
J’occupe la Co-Présidence depuis 2012, jusqu’en 2016 avec Franck POUPARD, puis avec Éric PAZDYKA aujourd’hui.

3- Quelles ont été ses évolutions ?

Jean : de 2ème série à Honneur en 5 saisons. Une organisation et des objectifs couchés sur le papier. Une communication vers l’extérieur accrue et bien gérée. Le nombre de partenaires est passé de 10 à plus de 65, grâce en grande partie à l’arrivée d’Opéra dans le groupe et au soutien accru de la Mairie.
Un budget qui a doublé. Les effectifs séniors aussi.

Éric : ce club a radicalement changé. Cestas était un petit club qui avait la réputation de bien recevoir.
Le niveau de jeu n’était peut-être pas la priorité. Et puis nous avons eu des opportunités. Thierry BONNEFOND s’est occupé de l’école de rugby avec des Dominique VIGNEAU, Gérard CHIRAC plus tard en entente, Patrick FOUQUET, Lionel BEYLAT et Paul DUBASQUE. Pardon à ceux que j’oublie.
Ces personnes ont fait de nos jeunes de vrais joueurs de rugby.
Ce n’était pas gagné car certains cueillaient les pâquerettes d’autres se cachaient ou faisaient les malades pour ne pas s’entraîner. Ils se reconnaîtront !!
Aujourd’hui par contre 50% de cette génération compose l’équipe première.

4- Comment fonctionne l’École de Rugby ?

Jean : avec Stéphane COUGOUREUX, responsable efficace et motivé, 16 éducateurs, 8 dirigeants, et une dizaine de parents bénévoles. Une organisation nouvelle avec un responsable technique et des éducateurs chevronnés qui épaulent les nouveaux. L’effectif est en hausse depuis 2 ans (90 joueurs). Des voyages sont planifiés à la fin de la saison.
De plus, nous sommes en Entente (Entente des Graves) avec Gradignan et Pessac Alouette en U14 ans, U16 ans et U18 ans. Ces derniers (U18 ans) sont au nombre de 31. S’ils restent fidèles à Cestas, ils seront séniors les saisons prochaines. D’où l’importance de l’École de Rugby dans un Club.
Cette Entente est très efficacement gérée par Sandrine JUNOD, que je tiens à remercier ici, avec l’appui de Franck POUPARD co-président de cette entente.

5- Pour la 1ère fois de son histoire le club a accédé en 2018 au niveau Honneur de la L.N.A, Éric et Jean, comment avez-vous vécu l’évènement ?

Éric : pour ma part avec beaucoup de fierté. C’est le fruit de tant d’années de travail. Le fruit de personnes qui ont construit ce club sportivement. L’honneur est un niveau que le club n’avait jamais atteint. Mais je dois avouer que mon esprit de compétiteur me pousse à regarder encore plus loin dans les années à venir. Ce ne sera pas facile car le rugby a aujourd’hui des exigences que nous ne connaissions pas il y a 10 ans, notamment en termes financiers, mais il faut essayer. Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets.

Jean : Par une fierté certaine, discrète, de voir aboutir un projet collectif clairement affiché depuis notre descente en 2ème série. Mais il n’y a pas que l’accession qui compte. Reste cette saison à assoir le Club à ce niveau, et ce dans tous les domaines. Ce sera là le vrai aboutissement de ce projet. D’autres projets que j’espère ambitieux mais réalistes suivront.

6- Après un début de saison difficile et une infirmerie bien garnie, comment voyez-vous le reste de la saison et l’avenir proche ?

Jean : le groupe sénior s’est enfin consolidé, ce qui a entrainé la confiance. Si la motivation actuelle et l’envie ne changent pas, je suis convaincu que le maintien est assuré, voir une accession dans le top 4. Les résultats de l’équipe B sont très prometteurs, ne pouvons-nous pas penser à un titre ?
L’école de Rugby est en pleine effervescence. Des joueurs et des joueuses en nombre.
Les cadets jouent en National, c’est-à-dire à un niveau Fédéral. Ils sont en pleine progression.
Les Juniors jouent en Régional, ils progressent aussi, après un début de saison difficile.
Une équipe de Rugby à 5 est née cette année. Pas loin de 40 licenciés !!
Les Vieux crampons continuent leur aventure d’anciens pouvant vivre encore 3 mi-temps pleines, quelle chance.

Éric : ce début de saison a en effet été très compliqué. Sur la feuille nous avions une équipe faite pour jouer le haut du tableau et peut-être mieux. Nous avons été poissards avec une infirmerie remplie de 15 joueurs. Certains n’ont même pas encore débuté la saison. D’autres se sont blessés gravement et leur saison est terminée.
Nous avons dans un premier temps enchaîné les défaites mais une chose est à retenir, jamais le groupe n’a baissé les bras, il est composé de bons gars qui vivent bien ensemble. Même dans la défaite le groupe est resté lié sans jamais se faire de reproches ou stigmatiser qui que ce soit. Bravo à eux.
Certes nos ambitions sont à la baisse et nous jouons le maintien avec derrière nos têtes l’idée d’accrocher une 4ème place qui serait synonyme de phases finales. Cette année nous avons appris les exigences d’un autre niveau. Mais nous apprenons vite et retenons les leçons. Donc c’est positif et nous regardons devant.

7- Que souhaiteriez-vous améliorer au sein du club ?

Éric : le manque de bénévoles est notre plus gros problème. Préparer un match commence dès le samedi. L’organisation s’appuie sur 5 ou 6 personnes et il faut être au four et au moulin. C’est parfois frustrant et fatiguant. Cela n’est malheureusement pas un fait du RC CESTADAIS, de nombreux clubs sont dans notre situation. Il faut vraiment aimer ce sport pour y passer autant de temps.

Jean : la communication entre tous les membres dirigeants et joueurs du club. La communication entre les différentes composantes du club : Dirigeants, Bénévoles, École de rugby, Entente des Graves, Séniors, Association joueurs, Rugby à 5, Vieux Crampons. Faire valoir que le club est un tout.
Qu’une relation joueurs Séniors/École de Rugby s’établisse vraiment.
Qu’une relation Séniors/Entente Des Graves et surtout avec les juniors s’établisse.
Améliorer l’environnement par des vestiaires neufs.
Augmenter le nombre de bénévoles.
Continuer à promouvoir le Rugby Club Cestadais dans les écoles, le collège, le lycée, tous les commerces et entreprises de la Ville.

8- En cette période de vœux, Jean et Éric, quels messages souhaitez-vous transmettre, aux joueurs, aux bénévoles et aux supporters du RCC ?

Jean : la santé est la base de tout. Donc une bonne santé, du bonheur de la réussite.
Nous avons programmé un repas des bénévoles à la mi-janvier. Nous avons passé un moment ensemble fort sympathique et convivial en dehors du cadre, au Bistrot du Centre, notre partenaire historique fournisseur de maillots depuis 2013.
Nous ne cessons de le penser et de le dire : nous ne sommes pas assez nombreux. Sans bénévoles il n’y aurait pas de club. Les bénévoles sont le cœur-système, ils ne sont pas assez mis en valeur et parfois même mal considérés. Je les salue toutes et tous et leur souhaite une belle année.
Que les 40 ans du Club soient dignement fêtés.

Éric : bien sûr les meilleures choses à tous, tant en termes de santé que dans la vie de tous les jours. Pour les joueurs, ne changez rien dans votre état d’esprit, ensemble nous pouvons accomplir de grandes choses. Faites-le maintenant car une carrière est courte et ce serait dommage de se dire au soir de raccrocher les crampons, on aurait pu le faire. Pour les supporters, juste venez au stade le dimanche, nous avons aussi besoin de vous.

9- Éric et Jean, quelles sont vos autres passions dans la vie ?

Éric : j’ai beaucoup de passions, mais le rugby me prend tellement de temps que tous ne peuvent être assouvis autant que je le voudrais. Ma première passion est ma femme et mes 2 fils. Je dois d’ailleurs la remercier de me prêter si souvent au rugby.
Je suis aussi passionné de chasse à la bécasse, de pêche et de plongée sous-marine.Sont importants pour moi aussi, l’humain dans sa globalité et les amis.

Jean : la VIE, la famille, les voyages et la chasse à la palombe sans fusil !

Merci à tous les deux d’avoir joué le jeu du Questions/Réponses et à très bientôt pour la diffusion d’autres reportages et interviews sur ce  Rugby Club Cestadais qui vous est si cher.

Pleine réussite à tous et bonne fin de saison.

Guy l’ARIÉ…..JOIE


Retrouvez les interviews précèdentes:
-C. Darguence
-JM Ledan
-C. Saubusse